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Flacon de Avignon - Comme des garçons
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Encens de chœur

par Thomas Dominguès (Opium), le 4 juin 2014

Lorsque la marque Comme des Garçons, plus connue pour ses parfums modernes urbains à odeurs de gasoil, de goudron, de bois sombres et d’encre d’imprimerie, a lancé sa série sur les encens, matières ancestrales en parfumerie, on aurait pu craindre le pire. En effet, c’est un peu comme si la Fondation Cartier ou le musée du Centre Pompidou à Beaubourg, spécialisés dans l’art contemporain, nous annonçaient vouloir mettre en scène une exposition sur le clair-obscur des XVI et XVIIème siècles ou une rétrospective sur un peintre primitif flamand.
Pourtant, les cinq encens proposés en 2002 dans la série Incense dévolus à quelques-uns des grands cultes religieux de la planète sont plutôt réussis, voire carrément transportants.

Alors que Zagorsk nous emmène au sein du culte orthodoxe, Jailsamer en Orient en rendant hommage à l’hindouisme, Ouarzazate au Maroc avec l’islam, Kyoto nous invite à une méditation entre shintoïsme et bouddhisme au Japon et constitue l’autre proposition captivante dans cette série réussie, aux côtés de l’encens qui nous intéresse.
Avignon est une invitation à nous poser au sein d’un édifice religieux catholique alors qu’un prêtre joue des mouvements de balancier avec son encensoir.
L’encens, soutenu sous toutes ses formes - fumée verdoyante de l’oliban, verdeur de l’élémi, minéralité grasse et ronde de la myrrhe - par la douceur de la vanille et de l’ambre, se fait chaleureux et pas trop acéré.
Le cèdre très fumé, le patchouli et la mousse de chêne rappellent cette impression mêlée à la fois de la sécheresse des bancs, des sièges en bois et de l’humidité lancinante qui apporte son lot de moisissures de cave infiltrées à peu près partout, des poutres jusque dans les armoires, la chaire et l’autel. Une impression délicatement poivrée évoque avec le patchouli la poussière qui se glisse dans les rainures de la pierre et du bois.

Là où on aurait pu craindre un encens minéral et métallique dangereux et aigu comme la roche des blocs de pierre qui s’effritent sur les murs d’une cathédrale, se développe un accord d’encens boisé qui ne dénote ni chez Comme des Garçons avec ses créations boisées ni pour Bertrand Duchaufour dont c’était la signature principale au milieu des années 2000, époque où il mêlera souvent avec succès l’invitation spirituelle à la beauté matérielle dans des créations comme Sienne L’Hiver, Bois d’Ombrie, Timbuktu ou Dzongkha.
Le sacré rencontre le profane pour nous habiller d’une aura à la fois mystique et tout simplement réconfortante comme le sont les souvenirs passés qu’on croyait oubliés.

Avignon n’est probablement pas le parfum à odeur d’encens d’église le plus subtil qui existe. La Lithurgie des Heures de Jovoy et Cardinal de James Heeley, surtout, peaufinent le trait avec davantage de finesse dans le traitement, des notes boisées entre autres. Mais, c’est que la marque Comme des Garçons, pour évoquer les senteurs plus ou moins concrètes de notre environnement, force souvent sur le trait principal afin d’améliorer notre perception du sujet.

Avec Avignon, aucune chance de vous trouver ailleurs qu’entre les pierres froides et grises d’une église ou une cathédrale, qu’on soit un dimanche à onze heures ou non. Et, c’est que - plaisir païen suprême -, cet encens-ci dure bien plus que le seul temps d’une messe.

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pierrelune

par pierrelune, le 16 décembre 2016 à 17:29

Bonjour, J’ai reçu 1 echantillon ,commandé chez purs sens ,que je teste depuis 2 jours sur peau et sur vêtements.J’aime beaucoup beaucoup mais quel dommage que sur moi toute effluve d’Avignon se soit volatilisée au bout de 2 heures....Sur le tissu c’est mieux,mais bon du coup pas pour moi car ne tient pas du tout et je le regrette...

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Bel-ami

par Bel-ami, le 23 février 2015 à 20:55

Bonsoir,
A toutes, à tous, Merçi pour ces instants de lecture toujours très enrichisssants, lorsque je vous lis, j’entre dans l’univers si exceptionnel et envoutant qu’est celui du Parfum, de l’élégance.

Je prend trop rarement le temps de publier mes avis sur les parfums que je porte, il est vrai que beaucoup d’entre vous ont bien plus de vécu sur ce site.
Aujourd’hui je souhaiterai savoir s’il est possible d’acquerir le Parfum "Avignon" Comme des Garçons, par le biais d’un site connu, je suis client chez Sephora et je ne le trouve pas dans leur assortiment.
Au plaisir de vous lire,
Cordialement,

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par evanilson, le 23 juillet 2014 à 15:09

Bonjour,

Vous savez ou le sentir ? car je recherche un poudré j’ai dans ma liste gris clair de serge lutens et infusion d’iris pour homme de Prada.

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AdRem

par AdRem, le 15 juin 2014 à 19:53

Avignon est un de mes parfums fétiches, un Objet Odorant Etrange....étranger à son époque...comme un hommage à cette parfumerie masculine qui explose en bouche, au nez comme a pu l’être Antaeus....Un parfum imposant, au sillage et à l’aura revendiqués....dont les chambres se souviennent longtemps de vous une fois leur seuil franchit, comme un fantôme de vous encore languissant sous les draps abandonnés.

Loin de moi la sainte messe, Avignon apporte ce je ne sais quoi qui donnerais au plus simple curé de paroisse l’aura de ses étranges prélats des siècles passés qui se prélassaient au plus près de la chair et un peu trop loin des âmes...Connaissez-vous les Borgia ? Avignon est leur parfum sans le moindre doute...

Il fut un temps où lecteur fidèle des Inrockuptibles et des bacs à vinyles de New Rose, je plongeais mon nez à la recherche des premiers EP des Smiths....Qui se souvient aujourd’hui de Morissey ? Il fut un temps où une brassée de glaïeuls vous ouvrait la route vers la scène et le backstage de ses concerts...Aujourd’hui où la messe est dite, c’est ce parfum qu’il revendiqua comme signature olfactive qui me fait mes souvenirs de lui : un drôle d’enfant de coeur qui a l’air aussi faux jeton que le sourire de l’Ange de Reims aurait dit Jean Genet. De quoi trouver à la camomille un air de fête loin de la tisane de mes grands mères, comme si ne restait de la triste messe que l’envolée lyrique des cloches.

Eloignez vous d’ Avignon si vous cherchez le calme de l’encens, préferiez lui dans cette série de CDG le froid Zagorsk que j’adore ou le doux Cardinal de Heeley....Et Bois d’Encens chez Armani est le Saint Graal.

Avignon c’est le Luxe et la Volupté revendiqués par les Borgia...qui laissent le Calme aux poètes et aux morts..et qui vaut bien une Messe sur au parfum.
Merci Opium pour cette belle Liturgie.

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par ERIC, le 15 juin 2014 à 20:03

Bonsoir Adrem,

Moi qui avait du mal à mettre une image sur cet Avignon, celle renaissantiste des Borgia me parle et me plait, et je vous en remercie. Content de voir que vous adorez, tout comme moi Zagorsk, et que l’on soupire tout deux après Bois d’Encens.
Bien cordialement
ERIC

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par Opium, le 15 juin 2014 à 21:47

Bonsoir AdRem et Eric.
Vos évocations, tour à tour, de l’angélisme diabolique de certains, dont Morrissey entre autres, de certains prélats, de la Renaissance mais aussi probablement encore celui de certains autres prélats ou icônes trop actuel(le)s ou récent(e)s encore (dont les péchés capitaux pourraient mériter des peines divines et terrestres), sont, comme souvent, extrêmement intéressants.

Avignon, dans son tonnerre d’encens, serait donc le parfum des Borgia ? Pourquoi pas, il est vrai qu’avec sa surpuissance presque païenne "Antaeïque", il leur irait plutôt bien. Un encens si catholique qu’il l’est trop jusqu’à ne plus l’être du tout, à l’image de ces figures historiques qui, pour atteindre le Saint-Siège et le pouvoir, n’ont pas craint de le maculer de sang, de barbarie et de luxure.
Mais, Azazel, Satan et d’autres, ne sont-ils pas des anges ? Ah, oui, déchus, il est vrai. Détail qui n’en n’est pas un.
Merci pour vos impressions.

Vous me rappelez que Zagorsk m’avait intrigué également, mais comme près de la moitié des parfums Comme des Garçons, qui n’ont pour défaut que d’être trop nombreux pour ma seule pauvre et (très) limitée mémoire (une soixantaine tout de même !)... ^^

A propos de Cardinal, sorte de version douce et totalement dans le sujet liturgique d’Avignon, mais aussi de Bois d’Encens qui, auprès de celui-ci, aurait tout aussi bien pu s’intituler "Pape" tant il est le souverain pontife des encens (religieux ou non), nous sommes parfaitement d’accord. ;-)

Merci encore à vous pour votre commentaire.
Bonne soirée.
Opium

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par laprincesseaupetitpoids, le 10 novembre 2020 à 11:58

Bonjour Adrem
J’ai lu avec intérêt votre avis sur Avignon j’y réponds 6 ans plus tard mais peu importe ce parfum existe-t-il toujours ...est-il toujours le même ?
Je pense à des reformulations de plus en plus fréquentes est-il adapté à une femme (j’aime beaucoup le style SergeNoire) ...Armani privé bien sûr mais le prix m’arrête ....Merci pour votre réponse

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par L’ombre dans l’eau chic, le 9 juin 2014 à 23:15

Une collègue m’a demandé un jour si je portais également un silice...cela m’a fait beaucoup rire. Je me suis néanmoins orienté vers Kyoto...pour l’été.

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par lucasdries, le 9 juin 2014 à 23:17

un calice ? oh le bougre, ça n’est pas très gentil !

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par L’ombre dans l’eau chic, le 9 juin 2014 à 23:24

Du troisième degré...

Je vais essayer zagorsk. Vous connaissez ?

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par lucasdries, le 9 juin 2014 à 23:45

pas du tout ! Comme je vous je connais et porte un peu Kyoto après être passé par Avignon, mais c’est tout !

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par Olivier, le 5 juin 2014 à 22:09

Merci à vous tous pour vos messages ! :) a très bientôt
cordialement
Olivier

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par Jicky, le 6 juin 2014 à 02:24

Avec plaisir :)
petit conseil de bienvenue : n’hésitez pas à cliquer sur "répondre au commentaire" pour que ce que vous écriviez entre dans le fil de discussion et que ce soit plus lisible après ;)

à bientôt !

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par lucasdries, le 5 juin 2014 à 20:25

Un parfum que j’ai adoré, acheté, porté quelques temps. il me plaisait beaucoup car il réunissait beaucoup de qualités que j’affectionne : encens bien sûr, sur un fond boisé plus large, il tenait extrêmement bien sur moi, sans écoeurer ou lasser, puisqu’il envoyait simplement régulièrement de petites effluves encensées, sans jamais me saturer le nez ou l’esprit :-)
Malheureusement, grand malheur, au bout de deux à trois semaines de port, il a commencé à me faire des marques rouges sur la peau, là où je le vaporisais. Malheur ! C’est absolument le seul parfum qui m’ait fait cela à ce jour. Quelle ne fût pas ma déception...
J’ai par conséquent essayé de le mettre sur mes vêtements ou dans mes cheveux (les cheveux sont vraiment une bonne astuce pour certains parfums, ceux qui ne tiennent pas ou au contraire ceux qui peuvent virer ou être incommodant dans le cou au bout de quelque temps, je ne sais pas ce que vous en pensez ..). Sauf que, je ne sais pas si quelqu’un a déjà vécu cela comme ça, mais l’odeur, ensuite, m’évoquait la douleur qu’il avait laissé quelques fois (de trop nombreuses fois sans doute) sur ma peau, et ainsi ai-je été incapable d’aller plus loin, je l’ai cédé.. Même dans les cheveux il me faisait comme "peur" (oui je sais le terme est exagéré), il m’évoquait de l’inconfort.
c’est vraiment le seul parfum qui m’ait fait cela.
Je ne me suis pour autant pas découragé dans mes recherches d’encens mais aussi et surtout dans cette jolie et précieuse marque qu’est Comme des garçons. Je me suis procuré Kyoto, qu’Opium a l’air de plébisciter aussi (je le conjure au passage de m’en témoigner ses impressions - bouh le vilain qui réclame ^^), que j’adore et qui laisse ma peau dans un état normal, et le superbe BLACK dernièrement commenté, présenté par Jeanne, et que je trouve .. Wahou ! Pas facile à apprivoiser mais une fois qu’on le tient, on ne le lâche plus, et il nous le rend bien d’ailleurs.

J’adore Comme des garçons. La série rouge (particulièrement celui à l’Oeillet, somptueux !, la série des encens, la Série verte, le 2 Man (bien décrit ici aussi), le 53.. Bref, une marque indispensable pour moi à présent.

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par Opium, le 10 juin 2014 à 15:53

Salut Lucasdries.

Merci pour ton retour et, nous sommes d’accord avec toi, Jeanne, d’autres et moi, Comme des Garçons est une marque presque indispensable tant ses créations sont malines et bien fichues (surtout dans les séries que tu cites auxquelles j’ajouterai les parfums Series 6 Synthetic, insupportables pour certains, mais qui creusent le trait d’une parfumerie contemporaine expérimentale).

A propos de Kyoto, c’est un bel encens qui aurait presque un rayonnement assez floral, même s’il n’est pas floral à proprement parler, si je me souviens bien ; assez rayonnant et solaire, lumineux et scintillant pour un encens, plutôt marqué par ses notes boisées qui créent parfaitement le rayonnement méditatif propre au bouddhisme et shintoïsme qu’il est censé représenter. J’avais oublié quel culte il représentait. Pourtant, en le sentant, c’est une sorte de contemplation que j’ai ressentie ; la sensation de zénitude et de sérénité en émerge parfaitement.
A propos de la question posée plus haut à propos de Zagorsk, je dois bien admettre que je m’en souviens peu même s’il m’avait plutôt plu. Je crois qu’il était en troisième position chez moi. Mais, il n’y a pas un encens de cette série que je déteste. Malgré tout, je me souviens bien surtout d’Avignon et de Kyoto.

A propos de l’indisposition ressentie, je me demande si les notes acérées de l’encens, en sus de l’allergie, ne créent pas ce sentiment d’indisposition évoqué.
J’ai utilisé dernièrement le gommage Ushuaïa Savon Noir et Eclats de Noix d’Argan et, en fait, j’y détecte une facette métallique boisée acérée que je situerai entre aldéhydes métalliques et encens froid acéré également. Or, si le gommage est efficace, lors du premier usage, il m’a fait rougir intensément sur le visage (Allergies, bonjour !) et m’a fait serrer les mâchoires ; lors de son application jusqu’à après le rinçage, j’ai les mâchoires contractées et sensibilisées, comme chez le dentiste. C’est étrange.
Mais, je ressens cela également avec certains encens très métalliques, froids et glaçants, dont, un tout petit peu Bois d’Encens. C’est comme si mon système de mise en alerte était activé.
Que ce soit par les notes métalliques qui signifient le danger ou par évocations inconscientes d’un passé en partie oublié, je ne sais pas ; mais, peut-être y a-t-il ici un début d’explication sur cette hyper-sensibilité à Avignon...
C’est dingue comme, un encens, peut déranger certaines personnes alors que d’autres sont totalement indifférentes.
La seule matière qui clive autant, mais pas du tout pour les mêmes raisons, c’est la tubéreuse. Ces deux matières ont pour point commun d’être adorées ou détestées avec peu de réactions pondérées, jamais en juste milieu.

En espérant avoir été un peu utile... ;-)
Lucasdries, à bientôt.
Opium

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par Olivier, le 5 juin 2014 à 16:58

Oups..je commence bien... :-(
Il faut bien entendu lire :
En espérant intervenir plus souvent à l’avenir même si mes connaissances et mon "langage parfum" n’en sont encore qu’à leurs débuts...

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par Olivier, le 5 juin 2014 à 16:50

Bonjour à tous,
Je suis votre blog depuis un bout de temps à présent sans jamais avoir osé franchir le pas de l’inscription. Vous avez tous et toutes une aisance dans l’écriture qui me donne des complexes.Et puis après tout qu’importe, je me lance. Je ne suis pas ici pour être jugé sur mon style d’écriture mais simplement pour partager un peu avec vous mon goût et mon attirance pour les belles choses, en l’occurrence les bons parfums. Voilà donc qui est chose faite !
Tout d’abord un grand merci à tous ceux et celles qui contribuent à faire vivre ce magnifique site et à nous faire découvrir ou redécouvrir le monde merveilleux de la parfumerie ! Je dois reconnaître que depuis que je me "connecte" régulièrement sur ce site, j’ai découvert de nombreuses perles rares dont je dois l’avouer, j’ignorais jusqu’à présent l’existence. Pour en venir à ce parfum Avignon, je n’ai pas eu le plaisir de le sentir à ce jour. J’ai par contre pu me procurer un petit échantillon de "Bois d’encens" de la collection privé d’Armani. Je n’ai hélas pas trouvé d’article à son sujet sur votre site. Quelqu’un le connait il ? Y a t-il des similitudes avec Avignon ? Je dois avouer que je le trouve extraordinaire comme parfum, sobre et raffiné et surtout ne manquant pas de sensualité., Pour moi, un très bel encens qui se fond merveilleusement avec des notes de cèdre et de vétiver. Malgré ce que j’ai pu lire sur internet à son sujet, je cite : "...Bois d’encens", un parfum qui tient, indubitablement, de l’encens d’église, avec un effet de présence saisissant : il se déploie pratiquement en trois dimensions, projetant ses relents mystiques autour de lui, créant un univers profond, solennel, ascétique, et d’une beauté unique.", je dois avouer qu’il ne me fait pas particulièrement penser à l’intérieur d’une église mais plutôt à une forêt profonde de cèdres, une forêt très dense avec des sous-bois réchauffés par un soleil ardent après une pluie d’été.... Maintenant ceci n’est qu’un avis personnel...
En espérant intervenir plus souvent à l’avenir même si mes connaissances et mon" langage" parfum n’en est encore qu’à ses débuts, je vous salue tous et toutes bien cordialement
Olivier

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par Jicky, le 5 juin 2014 à 17:56

Bonjour Olivier et bienvenue sur auparfum =)

Ne vous inquiétez pas, auparfum est un site qui accueille tous les amateurs de beaux parfums, pas besoin de savoir que le trucate de machinsyle est un composant du jasmin de papouasie nouvelle guinée pour partager ;) et comme vous le dites si bien, il faut bien se lancer ! (et c’est comme ça que vous apprendrez encore plus vite).

Il n’y a pas encore d’article sur Bois d’Encens, mais peut être qu’un jour il y en a aura parce qu’effectivement, Bois d’Encens est un petit bijou ! Très intéressant la manière dont il est écrit car c’est un peu un "extrémiste-minimaliste" (comme beaucoup des parfums du parfumeur qui l’a créé, Michel Almairac) car il expose un sujet avec une très très grande force, mais avec une écriture très épurée, en mode minimal. Et en plus, il est loin d’être simpliste ou cliché car ce n’est ni un simple "encens matière", ni un "encens d’église". Vos mots sont très justes, il a effectivement cette impression de paysage qui se déploie, défile devant nos yeux (et notre nez !). Il est dans un traitement assez différent d’Avignon, mais généralement les amateurs de l’un aiment beaucoup l’autre quand même...

Voilà :D !
Passez une belle fin de journée vous aussi et n,hésitez pas à intervenir ;)

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par ERIC, le 5 juin 2014 à 19:46

Bonsoir Olivier,
J’ai adoré moi aussi Bois d’encens. Il est, à mon avis, juste parfaitement positionné, entre l’encens en fumée et le parfum d’une église. Je ne lui ai pas trouvé une grande tenue, et son prix étant prohibitif pour moi, je ne l’ai pas acheté. J’y ai vu, tout comme vous, un beau boisé, très austère et élégant, minimaliste, forçant le respect envers celui qui le porte. Un peu un prêtre parfumé, quoi. Il n’a rien à voir avec Avignon, que je vois plus sucré et un peu collant, beaucoup moins aérien. A bientôt.
très cordialement
ERIC

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par lucasdries, le 5 juin 2014 à 20:34

Bienvenue Olivier ! Vous écrivez très bien, ne rougissez plus et revenez ici souvent !

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par Opium, le 10 juin 2014 à 15:30

Bonjour Olivier.
Bienvenue sur auparfum et merci beaucoup à vous pour vos compliments.
Vous avez eu bien raison de réaliser votre premier commentaire, en plus, il est parfaitement rédigé. Comme vous l’a dit Jicky entre autres, nous ne sommes pas là pour un test d’évaluation d’école de parfum. ;-)

A propos de votre interrogation, je vais compléter un peu ce qu’ont déjà délaré avec justesse les autres intervenants.
Avignon et Bois d’Encens, bien que traitant les mêmes notes, n’ont pas le même rendu au global.
Le premier est, effectivement, plus rond, plus chaud, plus mat, plus baumé, plus gras en fait et plus immédiat. Il est un peu plus épais également et peut se révéler un peu étouffant si l’on a la main lourde. Disons qu’il a une facilité d’appréhension qui fait qu’on sait très vite si on l’aime ou non.
Le second, alors qu’il comporte très peu de matières (seulement cinq !), est davantage facetté, plus scintillant, plus métallique, plus épicé, plus complexe dans son appréhension, plus aigu, plus acéré, plus anguleux, plus sec par ses notes boisées, plus poivré et franchement poussiéreux par les épices. Bois d’Encens possède une complexité et une noblesse que Avignon n’a pas, lui qui est moins "prise de tête" et plus ronronnant selon mon souvenir.
Il peut toujours être utile de découvrir Avignon, mais, disons qu’en commençant par Bois d’Encens, vous êtes un peu entré directement par le grand portail d’une magnifique cathédrale lors d’une cérémonie grandiose ! ;-)

En espérant que ces termes qui, pour certains, vous paraîtront peut-être encore un peu abstraits, vous aident malgré tout un peu...
Encore bienvenue.
Opium

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par ERIC, le 5 juin 2014 à 09:59

Bonjour à tous,
Je découvre cette critique d’Avignon que j’avais acheté il y a deux ans au cours de ma recherche d’encens. D’abord merci Opium, à nouveau de cette critique car j’étais bien curieux de savoir ce que vous pensiez de lui. Toutefois, après presque 3 ans d’apprentissage de mon nez, je sais pourquoi je ne l’aime pas et pourquoi mon flacon peine à se finir : je répétais alors à qui voulait l’entendre que je cherchais UN encens. Mais en réalité ma demande était mal formulée : je recherchais un parfum d’église. Or, tous les encens que je respirais ne me convenait pas, je n’arrivais pas à me projeter dans le monument. Forcement car pour moi, une odeur d’église, c’est plus de la cire chaude, des lys fané, du produit d’entretien pour bois, de l’humidité un peu, et pas nécessairement de l’oliban brûlé. Mon odeur d’église, je l’ai trouvé avec Reliques d’amour. C’est celle exacte de la cathédrale de Saragossa en hiver, l’intérieur délicatement chauffé par les premiers soleils que j’y ai retrouvé et que je retrouve toujours lorsque je porte Reliques d’amour. Au moins, je suis maintenant au clair avec ma quête. Pour en revenir à Avignon, vous l’avez compris, il ne m’évoque pas un intérieur d’église. J’en ai aimé le côté doucereux, un peu miel ou camomille, la ténacité, le sillage en hiver froid et sec. C’est une réussite pour les amateurs d’encens.
Très cordialement
ERIC

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par euskalpyth, le 10 juin 2014 à 01:00

Bonjour, Eric,

je ne connais pas la cathédrale de Saragosse (pourtant, ma mère s’appelle Pilar ;-)
mais pour moi, l’encens qui évoque le plus fidèlement mes souvenirs d’église, c’est la Liturgie des heures de Jovoy.
On n’a probablement pas les mêmes références car pour moi, l’église, c’est celle où on me traînait, enfant, pour la Pâque orthodoxe (rite arménien) et de l’encens, il y en avait en veux-tu en voilà, une vraie fumigation digne de ce nom, et si l’encens a des propriétés desinfectantes et désodorisantes, nous devions tous être bien purifiés à l’issue de l’office, et pas que notre âme ;-)
Entendons-nous bien : le Jovoy est magnifique pour ce qu’il ravive dans ma mémoire, mais je serais bien incapable de le porter ^^

Celui sur lequel je suis en train de craquer lentement mais sûrement, c’est Cardinal de Heeley, tout doux et abordable pour un grand débutant en encens comme moi...
Rien à voir avec le Jovoy ni avec les CDG (sauf peut-Être le blue encens de l’été dernier qui est également doux et abordable - Ne parlons pas de Black où je sens majoritairement une note réglisse qui me rappelle l’Eau noire de Dior et que je n’aime pas - Ni la réglisse, ni, du coup, l’Eau noire) mais un vrai bonheur pour qui veut découvrir cette famille et s’y familiariser tranquillement !

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par ERIC, le 10 juin 2014 à 23:39

Bonsoir Euskalpyth,

Il y a à Saragosse deux églises majeures : Notre Dame du Pilar qui est la basilique la plus importante, lieu de vénération des Aragonais par la vierge qu’il abrite, et juste à côté sur la même grande place, la Seo, plus petite, de style mudejar, mais dont la riche décoration intérieure est bien plus intéressante. J’en ai des souvenirs en hiver de rayons de soleils sur le marbre des dalles, des parfums, justement, de fleurs fanées et de cire tiède, de bois cirés des bancs dans la pénombre. C’est ce parfum là qui pour moi est celui d’une église.

L’encens, je crois, dans le culte catholique, est plus rare. Dans le culte orthodoxe, comme vous le décrivez si bien, il est bien plus présent. Toutes mes visites d’églises, à Tallinn, à Moscou, à Saint-Pétersbourg, ont été ponctuées à chaque fois, de ces fumées d’encensoirs précédant l’arrivée du pope et concluant la cérémonie.

J’aime moins La liturgie des heures à cause de son côté gras et sa note de cyprès et de ciste, et en relisant mes notes sur Cardinal, je me rends compte que je lui avait trouvé beaucoup de similitude avec Avignon et avec Full incense de Montale, tous les 3 presque similaires. Par contre, par contre, mon préféré de la série encens CdG est Zagorsk. Le froid ne lui convient pas, il le fait ressembler à un insecticide ! Mais avec la chaleur de l’été, sa violette et son pin se développent dans une fraîcheur magnifique. A nouveau, rien d’église pour moi là dedans, mais un grand coup de cœur pour lui, d’autant plus qu’il avait sur ma peau, sèche et acide de serpent, une bonne tenue...

A bientôt, très cordialement

ERIC

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par Opium, le 10 juin 2014 à 15:28

Bonjour Eric (et Euskalpyth).

Eric, l’expérience que vous relatez avec votre quête du "vrai" parfum d’église, celui qui vous correspond, m’évoque mes premières impressions lorsque je lisais des avis à propos des parfums contenant de l’encens. Le commentaire d’Euskalpyth est, du point de vue de l’influence de nos souvenirs personnels, est assez parlant je crois.
Durant la première année au moins de mes découvertes olfactives, je ne comprenais pas où les gens voulaient en venir.
L’encens ne m’évoquait pas les églises. Ou très peu.
La cire des bougies, à l’entrée seulement lors de l’arrivée ou de la sortie de ces bâtiments, un peu plus. Les bancs en bois, oui, mais pas tant cirés que cela.
Les lys, pas du tout.
La pierre, qui a été humide mais est assez sèche, oui, clairement davantage.

En fait, il s’agissait de l’église que j’ai côtoyée le plus durant ma jeunesse qui était convoquée à ma mémoire. Un grande église de moins de 100 ans, plutôt moderne, Art Déco, bien entretenue, gigantesque mais très aérée et assez bien isolée pour ce type de bâtiment du fait de sa récence. Une église qui sent surtout la pierre saine et un peu le vieux bois sec peu ciré dans laquelle on brûlait peu d’encens, beaucoup de bougies mais dont l’aération supprimait tout cela.
L’iconographie traditionnelle et l’imagerie stéréotypique de la vieille église ne fonctionnent pas ici.
Puis, je me suis souvenu des moments où on brûlait de l’encens parfois : et, là, Avignon fonctionne bien. L’encens se faisait alors massif, juste contrebalancé par un peu de bois sec et arrondi par la cire chaude grasse.

Mais, on est loin de l’église gothique en clair-obscur avec ses bancs en bois cirés luisants, la poussière filtrant entre les rais de lumière.

Au final, en évoquant une image d’ancienneté si caricaturale qu’elle ne peut s’empêcher d’être hors du champ temporel et s’apparente plutôt à une construction contemporaine, je trouve qu’Avignon fait très bien son travail de parfum mystique mais contemporain, à l’image de Comme des Garçons.
Et, en proposant un cliché poussiéreux traditionnel en noir et blanc d’une église gothique tradi, Oriza L. Legrand est bien dans son univers avec Reliques d’Amour dont je suis bien d’accord avec vous, il m’a évoqué les vieilles églises portugaises poussiéreuses, difficilement entretenues, charmantes par leur évocation assez cliché de l’église telle qu’elle doit être. Simplement, ce type d’églises, je ne les ai fréquentées que pour les visiter. ;-)

Ce que vous dîtes de l’identification de votre quête (recherche d’un encens ou d’un souvenir précis d’église) est très juste et à appliquer dans bien d’autres cas de recherches de parfums. Croire que l’on veut tel type de parfum alors qu’en réalité, c’est autre chose que l’on souhaite... ;-)
Merci pour votre commentaire.
Bon début de semaine.
Opium

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par ERIC, le 10 juin 2014 à 20:19

Cher Opium,
vous avez clairement et longuement expliqué, étayé, plus nettement que moi, ce que j’ai tenté , maladroitement, de faire comprendre : ma méprise sur l’encens/ parfum d’église. Et vous avez entièrement raison, Avignon fait bien son travail pour une église où l’encens a été largement utilisé.

Reliques d’amour nous renvoie à une autre église, plutôt à une chapelle latérale. Dans un sarcophage en verre, le corps d’un Saint ou d’une Sainte est exposé(e). Sans pouvoir sentir vraiment "son odeur de sainteté" (à laquelle je ne croie pas), il flotte autour de lui une douceur de bougies tièdes dont la cire coule en abondance sur les supports en fer forgé, la fadeur des fleurs d’oranger d’une couronne de mariée offerte en ex-voto, un bouquet de lys indiens, roses, indécents, fanés, effeuillés à terre. L’odeur de térébenthine des bois ou des tableaux mériterait d’être plus puissante en tête, mais je parviens à la saisir un peu. Le culte a déjà eu lieu, on vous a ouvert l’église juste pour vous. On est, catalan que je suis, dans le sud de la France, à Figueres, Girona ou dans la cathédrale de Barcelona. Pas de froideur ici avec ce parfum, mais une véritable fraîcheur, plus intellectuelle que sensitive, celle des lieux aux murs épais, protégés de la lumière et du soleil trop vif, qui vous font pousser un petit râle de plaisir quand ils vous accueillent, entre un musée et une plage. Bref, Reliques d’amour me parle, Avignon moins parce qu’il retransmet, plus scientifiquement parlant, la matière encens elle-même.

Croire que l’on veut tel type de parfum alors qu’en réalité, c’est autre chose que l’on souhaite.., tel que vous l’avez si bien résumé, et avouer que l’on s’est trompé, comprendre sa méprise : cela pourrait être un sujet de réflexion, non ?

Merci d’avoir pris, comme toujours, le temps de répondre et de si bien répondre.
Très cordialement
ERIC

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par Opium, le 12 juin 2014 à 18:00

Bonjour Eric.
Vous vous êtes parfaitement exprimé, aucune maladresse selon moi dans vos échanges. ;-)
Vous êtes d’une limpidité rare. Et, votre description de Reliques d’Amour lui rend un joli hommage.
Je retiens votre proposition à partir de mon constat ; cela devrait devenir un dossier ou, plus probablement, une discussion sur AP je pense. ;-)
Merci beaucoup pour votre commentaire et pour vos mots.
A bientôt.
Opium

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