Auparfum

Scénario de rêve

par Jeanne Doré, le 27 octobre 2011

Imaginez... vous avez terminé avec succès l’ISIPCA, ou le Grasse Institute of Perfumery, vous avez fait vos classes dans quelques maisons de parfum renommées, sous la houlette des plus grands parfumeurs stars, puis un beau jour, vous êtes embauché(e) comme parfumeur maison chez votre marque préférée,... et on vous laisse totale carte blanche pour créer le prochain grand lancement !

 

Mais attention, pas question de faire n’importe quoi, il faut que ce soit un très beau parfum, mais qu’il soit également un grand succès commercial, sinon, vous n’aurez pas de deuxième chance...

 

Alors, à quoi ressemblera-t-il ? Quel sera son concept, son inspiration, son nom, ses filiations, sa structure, ses petites notes cachées... et pour quelle marque ?

Dites-nous pourquoi il sera à la fois encensé par les perfumistas et plébiscité par le grand public ?

 

Faites-nous rêver, racontez-nous le parfum de vos rêves !

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Jean-David

par Jean-David, le 30 octobre 2011 à 10:11

Voici deux nouveaux opus dans la série de mes fantaisies :

 

Planète fraîche

 

J’ai voulu procéder ici en écriture automatique, à la manière des surréalistes. Y compris pour le titre : j’ai ouvert le dictionnaire au hasard et suis tombé sur le mot "planète" ; bon début. Il me fallait ensuite un adjectif : avec la même méthode, je tombe d’abord sur "épouvantable" ; je me dis que ça ne va pas (sauf pour ELO, peut-être ?) ; je réessaie et tombe sur "frais, fraîche". Planète fraîche ! Grand titre, je trouve ! Où nous mène l’automatisme en matière... de matières ?
Départ : un cocktail de senteurs vertes : herbe, menthe, hysope, feuille de poirier, sauge sclarée, angélique.
Suite : sur ce lit de verdeur, apparaît un narcisse blanc, échappé peut-être d’un flacon de Parure retrouvé, soutenu par un bouquet de fleurs hétéroclite : lilas, hibiscus, tulipe, magnolia, hyacinthe.
Après une apparition inattendue d’un gingembre piquant et sensuel, s’annonce une longue, lente et languissante descente dans des profondeurs balsamiques et résineuses : benjoin, lentisque, baume du Pérou, styrax, myrrhe ; pour boucler la boucle, bois de poirier.
Evidemment, je n’ai aucun moyen technique de vérifier ou d’expérimenter un tel scénario ! Mais il y a une chose que je me demande : si l’on montrait une telle liste à Jean-Claude Ellena ou à Mathilde Laurent, est-ce qu’ils sentiraient ce mélange intérieurement, avant toute expérimentation ? Sans doute, oui, et c’est un grand privilège, comme de pouvoir orchestrer sa partition sans s’appuyer sur son piano !

 

Tiroir magique

 

Quand j’étais enfant, il y avait un bahut Louis XVI en bois de merisier dans le salon familial. Quand vous ouvriez le deuxième tiroir en partant de la gauche, vous trouviez un petit couvre-chef de velours très doux, très souple, ancien, gorgé d’odeur boisée par son long séjour dans ce tiroir, ainsi qu’un livre, lui aussi très ancien. Sous le tiroir, une porte que l’on ouvrait à l’aide d’une petite clé de cuivre révélait un choix de liqueurs et d’alcools forts, rhum, whiskey, cognac, poire Williams, mirabelle... Le mélange des parfums du velours, du vieux bois, des alcools, du cuivre et des pages du vieux livre donnait quelque chose d’unique. Ce parfum raconterait cette histoire.
Sortie prévue chez Guerlain pour le premier (avec Jean-Paul Guerlain comme conseiller spécial), chez Annick Goutal pour le second !

 

Voilà, on attend à présent les copies de Hangten, Amalia, Jicky, Phoebus, Youggo, Patrice, Mitsouko, Vivi Snow, Opium, Jle... et toute la bande ! Sans oublier Jeanne, bien sûr !!!

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par antolio, le 28 octobre 2011 à 23:46

Enfin un nouveau scenar.. J’avoue que j’attends depuis longtemps un scenario "résurections".

Donc création : je verrai bien quelque chose autour du genet (poudré, mimosa, noix de coco, miellé, de souvenir), de l’aubépine, du lilas et de la lande. Un truc druidique avec du gui et ....de la mousse de chêne. Un joli floral poudreux et vert moussu dans lequel je mettrai une légère touche animale de costus par exemple qui hésite entre l’odeur du cheveux sales et du sac en plastic.

Bien sûr le dossier de presse mettra l’accent sur une toute nouvelle absolue de genet. Ce sera un Chanel en souvenir des ballades de Gabrielle sur les côtes bretonnes.

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par Vivi Snow, le 3 novembre 2011 à 09:33

On peut peut-être demander à Jeanne un scénario Résurection pour évoquer tous ces parfums disparus qui nous manquent tant, comme ce Miss Dior dont parle Schlimmelmann...
Un parfum Chanel avec un accent breton, c’est certain j’irai l’acheter les yeux fermé... J’aime la Bretagne pour y avoir passé chaque vacances de Pâques étant enfant... Souvenir, souvenir. Et il n’y a rien de plus beau lorsqu’un parfum fait surgir des photos enfouies dans notre mémoire !

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par xxerus, le 3 novembre 2011 à 11:13

Ce serait une excellente idée que ce scénario "Résurrection" pour voir ceux qui arrivent en tête grâce à notre super statisticien Opium ; quitte ensuite à faire une pétition et l’envoyer aux maisons mères ?

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par xxerus, le 3 novembre 2011 à 11:35

Scénario Résurrection : rendez nous les Patou, Balmain, Rochas, Balenciaga !!

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schlimmelmann

par schlimmelmann, le 28 octobre 2011 à 21:18

Quel scénario splendide !!!
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Moi je rêve d’un Dior "à l’ancienne", avec une bouteille pied-de-poule et un retour aux allures du new look. C’est ça, un hommage à Miss Dior et aux Dior de Roudnitska à la hauteur de ses ancêtres.
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Une brutalisation du bois de cèdre et du vétiver, avec l’accusation de toutes leurs aspérités, enrobée par un génereux bouquet de "fausses" fleurs blanches : du pittosporum et du cestrum nocturnum (désolé, je ne connais pas leurs noms en français).
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Une eau de parfum mixte, duele. Une bataille rangée entre la féminisation du vétiver et la masculinisation des fleurs blanches.
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Son nom ? Dior. Tout simplement.

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par Maowel, le 28 octobre 2011 à 23:18

Voilà qui me fait complètement envie ! C’est drôle, lorsque j’ai vu l’intitulé du sujet de discussion, je pensais exactement à la même chose, à un parfum Dior inspiré des riches années de la maison... Si seulement ! :)

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ChrisB

par ChrisB, le 28 octobre 2011 à 18:15

Bonjour Xxerus,
Merci beaucoup pour toutes ses propositions. Je ne connais pas Avignon, les parfums de "Comme des garçons" n’étant pas distribués dans ma région. Mais dès que je me rendrai à Paris je ne manquerai pas de le tester. J’adore les méconnus parfums Bogart. City Tower est magnifique, mais contient un côté vanillé (qui me fait penser à Mignight In Paris de van Cleef) qui m’éloigne un peu de ma "cathédrâle". J’ai commandé hier Bogart pour homme (comme quoi, le hasard) que j’attends avec impatience (avec One Man show, que je ne connais pas...mais bon, à 13 € les 100 ml en promo...). Je l’ai testé il y a un an et effectivement j’en garde un souvenir très axé encens. Votre avis me conforte dans cette idée et triple mon impatience. Arabian Night du toujours même Bogart me ramène lui à Marrakech, mais sans le jasmin. Quant à Patchouli intense, il m’a fortement déçu. Là où le patchouli "normal" du même molinard, très rond, développe très vite sur ma peau le fameux patchouli, la version intense demeure très sucrée et se rapproche fortement d’A Men de Mugler...en moins bien.

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par xxerus, le 3 novembre 2011 à 11:10

Hello ChrisB !
.
Alors, ce Bogart pour homme cela donne quoi ?
Je pense qu’il s’agira de mon prochain achat, mais s’il y a effectivement une touche d’encens dedans comme dans City Tower, Bogart Homme est plus axé tabac / cerise.
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Si vous souhaitez vraiment de l’encens, foncez sur la série "Encens" de Comme des Garçons (malheureusement, je ne connais pas Elixir de Penhaligon’s).

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ChrisB

par ChrisB, le 28 octobre 2011 à 17:29

Bonjour,
A mon tour d’essayer "quelque chose".

Pour femmes : je garde un grand souvenir des odeurs dans les jardins de Marrakesh, avec comme dominante un fort parfum de jasmin, et sous-jacents, les effluves d’épices qui flottent dans l’air. Donc pour le parfum féminin ce serait du jasmin (beaucoup), des zests d’orange, de la canelle, du safran, de la muscade, de la coriande, de l’eau de rose, de la fleur d’oranger, du patchouli, de l’encens, de l’anis, de l’amande. L’idée générale est celle d’un parfum féminin dans la veine de "Déclaration" mais avec comme colonne vertébrale le jasmin. Un parfum que je verrais bien dans la collection de Molinard. Ou mieux, chez YSL, hommage au jardin de Majorelle. "Majorelle" serait d’ailleurs un bien joli nom.

Pour hommes : j’aime l’odeur entremêlée de l’encens et des cierges lorsque l’on visite des églises. Je cherche veinement le parfum masculin qui me rappelera ces effluves (certains s’en rapproche - selon ma sensibilité - comme Gucci I ou Salvadore Dali, voire Zino). On trouverait donc dans ce parfum masculin de l’encens, bien sûr, du patchouli, des feuilles de tabac, de la cire, de la myrrhe, de la mousse. Ce serait un parfum sombre, cependant sans aucun doute bien moins vendeur que le parfum femmes. Pour ce genre de parfum, une marque confidentielle (Jacques Bogart), ou italienne (Versace).

Parfum pour enfants (que les adultes pourraient leur chiper, moi en premier) : j’adorerais un parfum qui mélange l’odeur du sapin de Noel et de la bombe chimique que l’on asperge dessus pour faire de la neige (qui a parlé de Madeleine de Proust ?). Une gamme enfants chez Lolita Lempicka ou Thierry Mugler.

Parfum mixte : ah le patchouli ! Je rêve d’un patchouli plus..."patchouli" que celui de Reminiscence, et moins rond que celui de Molinard (que j’affectionne cependant).

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par xxerus, le 28 octobre 2011 à 17:48

@ChrisB :
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"j’aime l’odeur entremêlée de l’encens et des cierges lorsque l’on visite des églises"  : avez-vous testé Avignon de Comme des Garçons  ?
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"On trouverait dans ce parfum masculin de l’encens, bien sûr, du patchouli, des feuilles de tabac, de la cire, de la myrrhe, de la mousse."  : Jacques Bogart pour Homme ou City Tower de Jacques Bogart.
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"Je rêve d’un patchouli plus..."patchouli" que celui de Reminiscence, et moins rond que celui de Molinard " : Patchouli Intense de Molinard.
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Voici cos rêves exaucés ! :-)

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par Youggo, le 28 octobre 2011 à 19:17

Pour moi le mélange encens / cierges le plus fin et le plus réaliste n’est pas Avignon, mais Elixir chez Penhaligon’s. On y retrouve vraiment l’odeur des bougies et du bois des bancs d’églises (en plus de l’encens).
Avignon est trop encens au final, c’est une église complètement enfumée.

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par schlimmelmann, le 28 octobre 2011 à 22:00

Vivement Majorelle d’YSL !

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par ChrisB, le 28 octobre 2011 à 23:46

Merci...mais malheureusement, vu la direction actuelle de la vénérable maison...

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par schlimmelmann, le 29 octobre 2011 à 01:05

Vous avez tout à fait raison : YSL s’est effondrée.
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C’est dommage qu’une marque à l’identité tellement riche et marquée doive se rabaisser jusqua ce point-ci à cause d’une gestion néfaste... et des exigences de l’argent.
·
C’est pour ça que votre Majorelle (et d’ailleurs l’Oranie proposé par Jean-David) m’ont fait penser tout de suite à des parfums YSL fastueux, à la manière du premier Opium, Yvresse, ou de M7 (même de Nu). Toute la majesté d’un jasmin Lutens/Sheldrake (tout à fait différent de Sarrasins ou À la nuit) au service de monsieur Yves.
·
On parlait de rêve, n’est-ce pas ?
·
Bien à vous !

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par ChrisB, le 29 octobre 2011 à 08:42

Les créations de la maison, du temps où le maître exerçait, étaient toutes avant-gardistes, de véritables OVNI mais de vraies pétites. Certains parfums YSL sont toujours des perles inclassables, sans pareil dans le monde du parfum : Opium, Rive Gauche, le méconnu Y (dont en parle très peu), Kouros, M7, Body...

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par Vivi Snow, le 3 novembre 2011 à 09:19

J’achète Bombe de Sapin et, Majorelle je le veux tout de suite, maintenant !!!
Allez, au boulot ChrisB ;-)

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xxerus

par xxerus, le 28 octobre 2011 à 13:57

Allez, je m’y colle aussi !
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Alors, pour résumer, un parfum grand public dans l’air du temps, avec un côté suffisement niche pour séduire les perfumistos sans les rebuter.
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On part sur un féminin :
succès actuel grand public = glucose + fruit + patchouli (bein tiens...) + flacon gadget
niche = belles matières + prise de risque + créativité.
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A ce stade, je verrais bien un faux soliflore, en fait, je verrais bien l’évocation d’une rose en vinyl noir. C’est suffisement gonflé pour plaire aux perfumistos, et on pourra la travailler pour qu’elle plaise au grand public.
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Quant au flacon, une bouteille gadget pas trop craignos tout de même (on évitera les diamants ou autres micros débilos) : et pourquoi pas une rose en plastique noir ?
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A froid, sur le papier, je verrais bien les notes suivantes... mais difficile de savoir exactement ce que cela donnerait sans la présence d’un orgue... :
.
Tête :
Chèvrefeuille
Rose
Note poudrée
Estragon
Note ozone
.
Coeur :
absolu de rose
tubéreuse
muguet
poivre
cardamome
safran
note vynil
note vernis à ongle
note lactée
.
Fond :
base chypre moderne
cuir
vanille
cashmere
ambroxian
note goudron
encens

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par Patrice, le 28 octobre 2011 à 14:07

Si je peux me permettre, en tête je verrais bien aussi (ou plutôt !) une note "pomme acidulée", celle de ces belle pommes "Golden" à la peau dorée et rosée qui sentent naturellement la rose et qui mettent l’eau à la bouche rien qu’en les sentant ! Mais pas une note "pomme artificielle" à la Nina Ricci hein !
Enfin, c’est mon simple point de vue, je ne veux pas casser votre formule !
Mais j’adore l’esprit rose/vinyle !!!

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par Vivi Snow, le 3 novembre 2011 à 09:23

Et son nom Xxerus ? Vinyl... ? 33T de Roses ??? ;-)))
Et les tests avec l’orgue, ça donne quoi ??

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par xxerus, le 3 novembre 2011 à 11:01

Ah oui, j’oubliais le nom : un truc genre "Wicked Rose"...
Mais le "Rose-33T" est assez sympa aussi !

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par Jean-David, le 3 novembre 2011 à 11:37

Wicked Rose est assez punk, donc se situe immédiatement hors du marché mainstream, ce qui peut d’ailleurs être un excellent choix. Rose 33 t est aussi très bon mais fait penser à Rose 31 du Labo. J’aurais dit tout simplement Vinyle Rose, qui est élégant, a un côté à la fois branché et vintage, et sonne un peu commme un mélange gourmand, vanille-rose, ou Broadway Danny Rose...

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par xxerus, le 3 novembre 2011 à 11:03

Vivi, les tests avec l’orgue ce sera quand j’aurais commencé ma formation, car chez Molinard (c’est là où je travaille) ils n’ont que des essences conventionnelles et pas les notes goudron, lactées, ozone... (snif !!)

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Jean-David

par Jean-David, le 28 octobre 2011 à 12:55

Voilà un thème de discussion passionnant, et je m’étonne que tout le peuple auparfumé n’ait pas encore sauté dessus. Je suis sûr que ce ne sont pas les idées qui manquent, mais on a peut-être un peu de gêne à se lancer : passer de la critique ou de l’échange d’avis à la formulation d’idées créatives, c’est vraiment changer de point de vue, passer d’une rive à l’autre.

 

Eh bien, pour vous encourager, mes amis, et aussi pour me faire plaisir, je vais me lancer, malgré mes lacunes abyssales et mon incompétence exemplaire. Je m’imagine donc auréolé de toutes les bénédictions qui pleuvent sur les ancêtres de Grasse et leur descendance. Voici ma première collection, naturellement promise à l’accueil enthousiaste de la quasi-totalité de la blogosphère parfumée :

 

Soukkot

 

Inspiré des senteurs de la fête juive des Cabanes (Soukkot), qui a lieu à l’automne, ce parfum rassemble trois des quatre éléments du loulav, le bouquet végétal que chaque fidèle agite durant cette solennité : le cédrat, le myrte et les branches de saule ; j’imagine les feuilles de myrte et de saule légèrement exaltées par la pluie. Quant à la quatrième espèce, la branche de palmier, elle ne dégage pas d’odeur, à ma connaissance. En revanche, au bouquet du loulav, pourrait s’adjoindre d’autres types de feuilles mouillées et de branchages, dont est formé le toit de la cabane où l’on réside durant les sept jours de fête. Je n’imagine pas de coeur opulent, juste ce mélange hespéridé et automnal, avec un fond de bois précieux qui évoqueraient symboliquement la cabane où l’on trouve refuge à l’ombre de la foi...

 

Rock’n’Roll

 

Il en a été question hier : le propos serait de cerner le moment d’extravagance et de puissance d’un concert de rock, où le cuir du blouson noir voisinerait avec différents types de fumée : fumigènes de la scène et canabis illicite de la salle. Le bois laqué de la guitare électrique, l’alcool de l’after, une petite note de cumin exaltant le corps musclé du chanteur, et un coeur floral fantasque pour se donner en spectacle. Suivant la formule de Xxerus : "un cuir pyrogéné floral aldéhydé"...

 

Tante Berthe

 

J’avais une tente septuagénaire dont la peau très douce était tout imprégnée de Pour un homme de Caron. Quand on entrait chez elle, un mélange indéfinissable de ce parfum et d’effluves de cuisine parvenaient à vos narines. Ces effluves étaient bien précis : ceux du grain de couscous moulé à la main par ma tante, dans son plat de bois, seule fortune rapportée d’Algérie. Cette vapeur de couscous, qui cuisait dans un antique couscoussier d’émail, se mêlait aux parfums du raisin sec, du petit lait, du beurre et des makrouds à la pâte de datte, de figue et d’amande. Car ce couscous n’était pas destiné à être dégusté salé, mais sucré et beurré, accompagné de gâteaux au miel. Le parfum qui évoquerait cette image mnémonique devrait avant tout capter l’infinie douceur qui se dégageait de cet intérieur modeste où planaient des senteurs issues d’un monde perdu. La lavande sur lit de vanille de Pour un homme jouerait le rôle de contre-sujet, lui aussi nostalgique, éventuellement par un sample pur et simple.

 

Oranie

 

Encore une évocation du passé : Oranie serait un hommage aux glycines que l’on trouvait en nombre dans la région d’Oran. Il s’y mêlerait une palette de souvenirs olfactifs de mon père, toutes liées à l’Algérie d’autrefois : l’odeur des vendanges, du marc, quand les raisins commencent à fermenter, la craie sur le tableau noir, la vapeur, là encore, le cuir chevelu féminin, la fleur d’oranger, la lessive d’autrefois...

 

(Il s’agissait davantage d’un "narratif" que d’un descriptif... D’autres ici pourront sans doute décrire plus précisément une structure, une pyramide, une évolution...)

 

J’ai fini mon délire, à vous !

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par xxerus, le 28 octobre 2011 à 14:25

Excellent, j’adhère totalement sur Soukkot (désolé pour l’ortographe) et sur Rock’nRoll !
Bel esprit créatif, en tout cas.
.
C’est drôle, sur 4 propositions, 3 sont en fait des rémanences de votre passé, des souvenirs qui vous sont chers ou vous rapelle de tendres moments (votre grand mère par exemple)...

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par xxerus, le 28 octobre 2011 à 14:26

Coquille : il s’agissait de votre tante :-)

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par Jean-David, le 28 octobre 2011 à 14:34

Eh oui, ma grande-tante, exactement. Je suppose qu’un "premier parfum", comme un "premier roman" a toujours un aspect autobiographique.

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par mitsouko, le 28 octobre 2011 à 14:41

Ah moi aussi j’adhère à Soukkot, un beau boisé avec des effluves de feuilles mouillées, parfait en automne. Jolie évocation Jean-David.
Mais Tante Berthe me parle encore plus je crois parce que moi aussi j’avais une tante Berthe, excellente patissière, mais la mienne sentait la poudre de riz et la violette. :D
Je crois que Tante Berthe donnerait un parfum très poêtique, un parfum doudou dans lequel il ferait bon se lover.

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par Vivi Snow, le 3 novembre 2011 à 09:15

Comme Mitsouko, j’achète Soukkot... et rien que pour le nom déjà : Oranie.
C’est Xxerus qui doit bien s’amuser maintenant à peut-être avoir envie de tester l’une ou l’autre idée. ;-)

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par xxerus, le 3 novembre 2011 à 10:53

Bein oui, je vais peut être tester tout cela un jour !
Les amis, va falloir penser à mettre des copyrights ! ^^

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par schlimmelmann, le 28 octobre 2011 à 21:56

Bonsoir Jean-David !
·
J’aime vos idées. Il faut d’abord trouver une histoire que le parfum devra nous expliquer. Et ici vous en avez trouvé plusieurs. Oranie me fascine : les glycines entourent l’univers de mon enfance et font partie du décor d’un roman que je vénère (La mort et le printemps de Rodoreda).
·
Mais je voudrais vous poser une petite question. Quel est la marque pour laquele vous envisagez ces créations ? Soukkot, à mon avis la plus intéressante, toute en beauté et élégance, je le trouve assez chargée de signification pour qu’elle soit adoptée par une marque quelconque.
·
Oranie pourrait être un beau YSL à la Lutens. En revanche, Tante Berthe me fait penser beaucoup à Lacroix ; et l’univers de Rock’n’Roll à un Dior torride et mixte. Mais ce Soukkot... il m’échappe.
·
Bien à vous !

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par Jean-David, le 29 octobre 2011 à 22:47

Bonsoir Schlimmelmann, et merci de votre réaction. C’est vrai que je n’avais pas réfléchi aux marques. Mais si je devais jouer le jeu au sujet de Soukkot, je dirais l’Artisan Parfumeur, où l’on trouve certaines évocations de civilisations étrangères (Timbuktu, Dzongkha, Traversée du Bosphore...) ainsi que des compositions élégantes et directes (Premier Figuier). Pour les autres titres, j’adhère bien volontiers à vos suggestions (le contraire serait bien présomptueux !).
J’aurais bien pensé à Parfum d’Empire, mais cette marque demanderait quelque chose de plus épique, plus héroïque, plus flamboyant. S’il s’agissait d’évoquer l’empire hébreu ancien pour Parfum d’Empire, il y aurait un sujet tout trouvé : une évocation de l’encens que le grand-prêtre faisait brûler dans le Temple de Jérusalem, voire de l’huile d’onction dont étaient oints les prêtres lors de leur entrée dans le service. Il faudrait cependant que ce soit une évocation, et non une imitation, cela pour deux raisons : il est difficile d’identifier tous les ingrédients cités par la Bible - du reste, le Talmud ajoute à la liste un certain nombre de matières, dont la tradition orale a transmis la liste ; d’autre part, la Bible elle-même interdit de copier la formule de l’encens ou de l’huile d’onction, dont l’usage était sacré. Ce n’est qu’aux temps messianiques, nous disent les sages, que ce parfum pourra être de nouveau confectionné, et là encore, uniquement pour l’usage sacerdotal !
Tout cela pour dire que, si j’avais le bonheur de connaître Marc-Antoine Corticchiato, je lui suggèrerais d’explorer la possibilité d’un parfum "inspiré de" l’ancien empire de Salomon.
Au sujet d’Oranie, j’ai indiqué quelques notes en vrac, mais en toute logique, je suppose que l’ouverture serait donnée par la fleur d’oranger, qui ferait rapidement place au thème principal des glycines, avant d’amorcer une longue descente vers les grains de café, puis une apothéose en clin d’oeil avec la... chevelure féminine. C’est drôle que nos rêves respectifs nous amènent en Algérie et au Maroc. D’ailleurs, Parfum d’Empire a fait paraître récemment son dernier opus, sur les orangers du Maroc !

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