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Ysatis

Givenchy

Flacon de Ysatis - Givenchy
Les Classiques
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Parfum chorale

par Thomas Dominguès (Opium), le 13 mars 2013

1984 : Pas encore le cauchemar d’Orwell, c’est l’année où Madonna chante Like a Virgin. Le « girl power » balbutiant est en marche. Les femmes ont une sexualité plus affirmée, affichent talons extra hauts, épaulettes extra larges, robes extra cintrées… et attachés-cases. Parfois, elles portent Ysatis, qu’elles viennent de découvrir. Opium et Coco sont sortis peu avant. Poison suivra l’année suivante, Loulou trois ans plus tard...
Ce sont les années 80, étendards de l’exagération comme symbole de liberté. Les parfums de cette époque, à l’image de ces années encore un peu folles, empilent les notes comme on se tartinait de blush et d’eye-liner !
Rappelant ces repas du dimanche soir où on tente d’accommoder tous les restes du frigo de la semaine passée, les fragrances mêlent les genres jusqu’à en créer un nouveau. Ainsi, Ysatis serait le premier « floriental ». Mais, surtout, il est encore « un peu » plus que cela.

 

L’envol d’aldéhydes étincelants n’est pas aussi agité que la suite du voyage, qui, lui, sera énorme et turbulent, à l’image des cheveux choucroutés de l’époque. Son auteur, Dominique Ropion, il est utile de le préciser, maîtrise parfaitement les gigantesques bouquets floraux au sillage spectaculaire, comme le prouvent Carnal Flower, Portrait of a Lady, Alien, Soir de Lune, (LVEB) et d’autres…
Un peu fruité, par de la mandarine peut-être, le départ rappelle Opium et Coco. Et, par une idée de génie, annonce déjà, fièrement, la couleur !
Une tubéreuse, verte et puissante, dynamitée par du galbanum, apparaît après quelques minutes. Etrangement, alors que j’adore cette fleur quand elle joue sa partition en soliflore, ici, son arrivée, pas vraiment subtile ni en finesse, me lasse un peu. Bien que low profile et pas trop fracassante, elle reste, malgré son foulard et ses lunettes de soleil qui la masquent un peu, facilement repérable. Quelque chose de l’accord entre jasmin, oranger et tubéreuse – posés sur un fond balsamique d’ambre qui adoucit les mœurs, patine et arrondit la forte en gueule – annonce 24 Faubourg : Même délicatesse poudrée et crémeuse derrière une rigueur apparente.
Après une demie révolution du cadran horaire par l’aiguille des minutes (soit, une demi-heure), Ysatis, dans son fourreau scintillant entre verts, ors et orangés, apparaît, en haut d’un escalier, alors que la soirée vient à peine de débuter, maîtresse de maison faite femme, rayonnante, dominante et radieuse. A la fois intimidante mais attirante dans son lamé interminable d’œillet et de rose. Suave et séduisante par les bijoux scintillants de l’iris poudré et de l’ylang gras chatoyant. Mais, raide et fascinante, à ce moment, elle est à nulle autre pareille, soutenue dans son corset raide et râpeux de narcisse et de patchouli. L’identité, dense et singulière, est, à cet instant-ci, aussi forte et facilement reconnaissable que celle d’un parfum comme Aromatics Elixir. Et, tout aussi addictive (ou exaspérante !). Presque indescriptible, pour être honnête, tant les notes nombreuses jouent en harmonie dans cet orchestre délirant. C’est ce souvenir précis, retrouvé il y a peu, alors que je l’avais oublié depuis plus de dix ans, qui me fascine tout particulièrement.
Une certaine amertume, presque une âcreté, signe ce parfum et trace un trait d’union avec certaines créations qui succéderont chez Givenchy : Amarige, l’autre tubéreuse, Very Irrésistible et Ange ou Démon.
Mais, surtout, patchouli et narcisse, rugueux, offrent un maintien rare au bouquet floral devenu plus raide et assez sévère, alors qu’une facette ambrée aromatique, scintillante de mille feux orangés, apporte une intonation joyeuse et presque festive qui réchauffe la beauté froide d’Ysatis et sa rigueur. De même, des inflexions animales appellent à encore un peu plus de sensualité.
Le trait de génie semble avoir été d’ajouter à tout cela une note fruitée de noix de coco : qui permet d’assouplir le fondu enchaîné entre la verdeur florale initiale et le fond moussu chypré rugueux, jusqu’à l’ambre rond et vanillé qui assied le bouquet floral fruité trempant dans un bain lacté de coco et santal.

Tout cela fait d’Ysatis un parfum de contrastes et paradoxes, tant les années 80 ont exigé d’y foutre tout et encore plus [2] de notes et de matières dans la surenchère d’un parfum qui se voulait "riche", pour mieux signifier le luxe (à l’image du flacon en forme de building et de la boîte très colorée). Entre verdeur froide et cinglante initiale, mais déjà poudrée, et séduction lascive orientale vanillée. Entre joie débordante de l’opulence florale cosmétique et raideur autoritaire du fond chypré à la stature si hautaine. Union improbable, mais, pourtant, harmonieuse, stylisée et reconnaissable entre toutes. Ce « parfum chorale », car il parvient à être cohérent malgré la surenchère d’histoires qu’il propose, polaroids instantanés qui s’enchaînent durant des heures dans un album aux chapitres surchargés, force le respect. Ysatis, autant qu’Opium, par son sillage poudré inoubliable, est un des parfums qui m’a tant fait aimer le parfum.

[1Une sorte de "Gifoutou" du parfum, un genre à soi seul, mais, très hétéroclite et courant dans les années 80...

[2Une sorte de "Gifoutou" du parfum, un genre à soi seul, mais, très hétéroclite et courant dans les années 80...

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Adina76

par Adina76, le 4 septembre 2021 à 08:23

Bonjour à tous,
J’ai vu la mention "Nouvelle formule" sur un site de vente en ligne, ce qui n’est pas sans m’inspirer une réelle inquiétude : Givenchy aurait il osé toucher à ce chef-d’oeuvre ??? Quelqu’un a-t-il des informations à ce sujet ?

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Alafolie

par Alafolie, le 4 novembre 2017 à 12:02

Bonjour à tous ;
Et bien voilà c’est chose faite, je suis revenue au tout premier grand parfum de luxe que j’ai porté ;)

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Jean-David

par Jean-David, le 9 septembre 2016 à 13:04

Très juste critique de ce parfum complexe, rayonnant, et d’une remarquable distinction. D’une grande féminité aussi, et si l’on est un homme, il faut le doser modérément : à la différence d’un Nahéma ou d’un Numéro 5, il ne se laisse pas si facilement apprivoiser par un homme. Il y a davantage de sens, peut-être, à le porter lors d’une soirée habillée, ou dans un tête-à-tête galant, que dans l’ordinaire du quotidien.

Sur ma peau, l’ylang s’impose le premier, et le plus nettement, secondé par une note hespéridée que, comme toi, je ressens comme une mandarine, mais si féminisée, si gantée d’ambre et si parée de fleurs, qu’elle n’évoque ni fraîcheur ni Cologne : elle est une part vivante d’un tableau scintillant, d’une opulence altière, d’où se démarque la tubéreuse. Ce tableau, les heures passant, s’essentialise, révèle sa beauté intime, qui est grande, noble, et finalement simple lorsque toutes les voix de la polyphonie convergent en un seul et ultime accord, vertical. Alors s’oublient matières et notes, surcharge et envolées baroques. Seul, impérial et tendre, demeure l’accord. Celui, peut-être, de l’éternel féminin...

C’est le grand art de M. Ropion que de suggérer, par des voies si complexes, le sentiment d’une évidence.

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Alafolie

par Alafolie, le 2 mars 2016 à 14:37

Isatis, mon premier grand parfum qui m’a été offert pour mes 17 ans en........87 ;))
Je l’ai aimé passionnément, et cela me donne envie d’y revenir. Affaire à suivre.

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billieH

par billieH, le 24 août 2015 à 13:55

Le prochain sur ma liste des "à tester" avant disparition...On peut s’inquiéter compte tenu des sorties "grand public" actuelles.
On a tous ici nos parfumeurs préférés, de Mathilde Laurent à Christopher Sheldrake En passant par Olivia Giacobetti (j’ai pas résisté)...Je suis en train de succomber au charme de Dominique Ropion dont l’écriture me parle (bon il était pas tout seul pour LVEB, il a donc des circonstances atténuantes). J’aime sa générosité et ses excès... Merci Monsieur, vous illuminez mon quotidien...

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par Calygo, le 24 août 2015 à 14:16

Il a créé Alien également, que tu détestes. :D

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par billieH, le 24 août 2015 à 15:41

Calygo, cela m’étonnerait !! Plus sérieusement, je n’aime pas porter Alien mais je comprends son intérêt. Je le juste trouve...bizarre ! Mais pas bizarre qui me donne envie de le porter hein. J’ai l’impression de fleurs et de plastique. Mais il se reconnaît et a de la personnalité comme souvent les parfums de monsieur Dominique Ropion.

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Volute

par Volute, le 13 août 2015 à 01:37

Ce soir, avant de faire mes courses, j’ai fait un détour dans une parfumerie. Je n’ai pas résisté à la tentation de me parfumer et ainsi de redécouvrir Ysatis au creux de mon coude gauche et Habanita à droite.

Face à ces deux mastodontes, mon nez n’a pas chômé ... Ysatis ne s’est pas soumis à son adversaire et il m’a séduite par son bouquet chypré oriental. Quelle opulence, quelle sensualité ... Qu’il est beau ce parfum en 2015 !

A sa sortie, la jeune fille en fleur que j’étais, admirait ce parfum inaccessible et le convoitait à travers son clip publicitaire : Venise, l’entrée dans un palais vénitien ... Ysatis menace le Roi de le capturer dans un jeu d’échec ...

Ysatis est baroque enrichi de fragrances exubérantes et luxuriantes et pour autant, je ne le trouve pas anachronique. Porter Ysatis en 2015 en faisant les courses dans un supermarché sublima ce moment inattendu.

Je souhaiterais revivre cette expérience dans d’autres lieux ... cependant, je ne suis pas une "retraitée genre lady anglaise" d’un âge certain. ;-))

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par purplenote, le 18 mars 2013 à 02:17

Bonsoir a toutes et tous,

je vais me permettre des mon arrivée sur auparfum.bynez.com un post qui frise la provocation, étant donné qu´Opium parait être sous le charme d´Ysatis... Je me lance : j´ai souvent entendu dire qu´Ysatis disparaissait au même rythme que ses clientes (humour noir & part de vérité). Pensez-vous qu´on peut le considérer comme un parfum du passé ? Comme un parfum pour retraitées genre lady anglaise d´un certain âge ?

Je suis dans l´ensemble d´accord avec l´articule d´Opium, c´est un parfum riche et remarquable, mais qui parait décalé dans le temps pour avoir été redigé en 2013 mais au présent de l´indicatif ;-) En bref, vous verriez-vous aujourd´hui porter Ysatis si vous n´aviez pas un certain rapport nostalgie eighties avec lui ?

PS : je suis loin d´etre un fanatique des typiques parfums sucrés modernes... C´est simplement un petit message pour sonder un peu le ressenti de ceux qui me liront.
PPS : "Morsure dans la fourrure" je dis OUI, "tranchant dans la tendresse", j´avoue que pour le coup ce n´est pas ce que m´inspire ce parfum.

Sur ce, riche nuit !

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par Jicky, le 18 mars 2013 à 21:57

Bonjour Purplenote et bienvenue sur auparfum !!

 

Je réponds brièvement à votre intervention mais franchement, ouais je me verrais bien le porter cet Ysatis ^^

 

(et ne me dites pas que c’estpar nostalgies des 80’s... J’étais pas né à cette époque là ^^)

Si vous l’aimez vraiment, testez le sur peau sans forcément chercher à le classer comme daté (mais si ce n’est pas un moderne, comme vous l’avez fait remarquer ;) )

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par Opium, le 19 mars 2013 à 21:00

Bonsoir Purplenote.
Bienvenue sur auparfum.

 

Merci pour votre intervention qui est intéressante et m’a bien fait réfléchir. Je vais me permettre de réagir à certaines phrases ou questions que j’ai lues...

 

"Ysatis disparaissait au même rythme que ses clientes"...
Ce trait d’humour noir possède une large part de vérité... Comme tous les parfums ai-je envie de dire, sauf les récents qui ne résistent pas deux ans dans les linéaires aujourd’hui !
Bon, ça, c’était de la provoc’, voici une réponse plus élaborée.
Comme cela est vrai pour tous les parfums qui ont du succès durant assez longtemps pour survivre à celles et ceux qui les portent mais ne sont pas soutenus commercialement.
D’un côté, aujourd’hui, il n’y a plus un seul parfum qui disparaît avec celles et ceux qui lui étaient fidèles ; ils disparaissent bien avant ! Actuellement, à la vitesse de rotation des parfums contemporains, nous survivrons à des générations et des générations d’entre eux. En 30 ans, âge à peu près d’Ysatis, nous aurons vu une dizaine de générations de parfums puisqu’ils ne tiennent pas plus de 3 ans aujourd’hui.
D’un autre côté, il y a de très rares parfums qui, soit qu’ils soient fortement soutenus médiatiquement, soit qu’ils possèdent des qualités intrinsèques qui fidélisent en renouvelant les générations (parfois, les deux phénomènes jouent, comme c’est le cas avec Chanel Numéro 5, Shalimar et d’autres). Ainsi, Mitsouko, Femme, L’Heure Bleue sont encore présents. De même pour Opium, qui survit malgré toutes les tentatives de le remplacer, comme ce fut le cas de Moche d’Opium, tellement même pas laid, mais juste nul et insignifiant, qu’il est déjà presque mort. Donc, des investissements ont lieu pour financer de la pub car il résiste bien, même si, je suppose, il emm*rde avec son "odeur de vieille" (oups, j’ai été grossier, pardon...) les marketeux qui croient tout savoir et portent les mêmes navets que nombre de gens en trouvant ça trop bien. Bref.
Cela n’a pas été cas avec Ysatis, qui n’est plus soutenu, Givenchy ayant lancé "quelques" parfums ensuite : Amarige, Organza, Organza Indécence, Eaudemoiselle, Very Irrésistible (le franglish, c’est tellement klâss’ !), Ange ou Démon et Dahlia Noir. Je ne parle même pas des flankers... Ce qui est étonnant, c’est qu’il y ait encore deux contenances d’Ysatis alors que de tous ceux cités, il est le plus ancien. Preuve qu’il a su trouver une clientèle fidèle... mais, effectivement, vieillissante et qui s’en va...

 

"Peut-on le considérer comme un parfum du passé ? Comme un parfum pour retraitées, genre lady anglaise d’un certain âge ?"
Bien entendu, oui !
Comme tous les parfums qui parviennent à survivre plus de vingt ou trente ans !
Même Angel qui faisait plutôt "vulgaire", lâchons le mot, pour certain(e)s, par association avec certaines utilisatrices qui forçaient la dose et dont la discrétion et le raffinement n’étaient pas forcément les qualités premières... Aujourd’hui, Angel parvient cet exploit d’être un parfum considéré par beaucoup comme assez "ostentatoire" et "racoleur" en même temps que les mêmes ou d’autres commencent à le trouver "vieillissant" du fait qu’ils le sentent depuis plus de vingt ans maintenant.
Opium a eu exactement le même parcours. D’abord considéré comme too much, au vu à la fois de ce qui sort aujourd’hui en parfumerie et de la moyenne d’âge bien avancée de ses porteuses, on ne le considère plus ainsi. C’est qu’il serait presque respectable aujourd’hui !
Tous les beaux parfums vieillissants sont des parfums pour "lady anglaise, même des parfums ultra animalisés. Même La Nuit de Paco Rabanne ou Tabu de Dana, un "parfum de puta" comme le voulait son commanditaire. Les moins connaisseurs n’y verront que des notes vieillottes quand les plus habitué(e)s y sentiront le stupre et la décadence !

 

"Parfum riche et remarquable mais qui paraît décalé rédigé au présent en 2013..."
Pas forcément, là encore, cela dépend du public, du lectorat.
Sur auparfum et dans certains forums d’échanges de connaisseurs, cela sera moins décalé que sur des blogs généralistes. Tout dépend du public. Dans un Sephora, indéniablement, cela sera décalé et même vieillot. Mais, ce n’est pas, sauf trop rares exceptions qui me touchent toujours, vraiment là que l’on s’y connaît en parfums, désolé de le préciser encore, mais, c’est un simple fait que j’énonce froidement et objectivement...
Quel est le dernier lancement d’un "grand floral" ? D’un vrai ? Bah, je ne vois que Portrait of a Lady, qui remonte à 2010 (déjà deux ans et demi), est sorti dans le circuit assez restreint des Editions de parfums Frédéric Malle (pas disponible pour tout le monde) et affiche un tarif encore plus restrictif (concentré en extrait, il vaut un rein et est, de ce fait, encore moins disponible à tout un chacun malheureusement). Mais, oui, là, on a vraiment un grand et beau floral intense, riche et fourni.
Maintenant, d’un point de vue structurel, bien entendu, ce parfum est décalé. Il est "riche", "dense", "foisonnant", "multiple", "complexe", un poil "évolutif", "intense"... Tout ce que n’est pas la parfumerie grand public aujourd’hui, celle qui nous sert des sirops Teisseire en guise de "sensualité".
A côté des arômes de synthèse à très bas coûts trempés dans du sirop de glucose rincés à la flotte, effectivement, Ysatis est décalé.
Prenons l’exemple de la dernière nouveauté sortie dans la même marque, donc chez Givenchy, Dahlia Noir. Waaaoouuuhh ! !! Toute cette obscurité, tout ce noir, cette profondeur, cette fleur mortuaire qui raconte une histoire morbide, cela en est presque transgressif... Nââân, la bonn’blague ! Une pauvre rose flétrie qui a servi à faire une tisane qu’on a sucrée et qu’on rallongée à l’eau car c’était "trop fort". Ouaip, y a bien décalageS. Entre les parfums. Dans les discours mystificateurs aussi...
J’espère que les lectrices et lecteurs apprécient le décalage car il va y avoir quelques articles concernant des parfums bien décalés prochainement normalement... [Comprendre "Hors de la tendance actuelle", donc, avec de la personnalité et qualitatifs, donc, pas "à la mode"...]

 

"Se verrait-on porter Ysatis sans un certain rapport nostalgique aux eighties avec lui ?"
Pour ma part, indéniablement, oui !
J’ai bien un souvenir personnel fort avec ce parfum qui joue les madeleines proustiennes. Il me rappelle les années 80 de très mauvais goût et très colorées... #GénérationPunkyBrewster
Mais, quand j’analyse un parfum, je sais me mettre de côté. Jicky m’a pas mal appris dans ce cas. A observer froidement et analytiquement l’objet parfum.
J’en parle avec émotion, mais, si je le fais, c’est car le logiciel d’analyse a envoyé un "Go !". Ysatis est, au vu de sa technicité, un excellent parfum. Nous organisons, avec Juliette du blog Poivre Bleu, Thierry - Méchant Loup d’Olfactorum, Patrice de Musque-Moi et Jicky (que je ne présente plus !) un prix, l’Olfactorama, auquel un certain nombre de personnes sera invité à voter, dont Jeanne. Nous avons sélectionné des parfums en parfumerie grand public et en parfumerie confidentielle. Si Ysatis était sorti en 2012, il serait dans les cinq parfums concourant pour le grand féminin de l’an passé.
Son intelligence de construction, sa personnalité multifacettes, sa densité, sa dimension confortable, tout en fait un grand parfum.
Mais, bien-sûr, ne nous leurrons pas, la parfumerie grand public ne propose plus ce genre de choses, la parfumerie confidentielle, elle, parfois, oui. Tant mieux, c’est sa raison d’être !
En outre, à propos du rapport à la nostalgie, je porte plein de parfums sans les avoir réellement connus auparavant : L’Heure Bleue, portée par la mère d’un monsieur y a looongtemps dont je me souvenais à peine. Fracas, Miss Dior, Chaldée, Habanita, Quadrille, je n’en ai aucun souvenir, je ne les connaissais pas avant de m’intéresser plus avant aux parfums, à TOUS les parfums. Je n’en ai aucune nostalgie. Pourtant, je les porte. Juste car il sont BEAUX tout simplement. De même pour Ysatis qui, effectivement, a acquis une résonance très 80’s avec les années qui défilent, mais, surtout, est bêtement beau...

 

Voilà. En espérant que cela soit intéressant.
Ysatis, pour moi, c’est bien à la fois la "morsure dans la fourrure" et le "tranchant dans la tendresse", impressions que me font souvent la tubéreuse et les chypres ; alors, quand les deux sont réunis...
N’hésitez pas toutes et tous à réagir et répondre à Purplenote à son sondage quant à vos ressentis à propos de ce parfum si vous en avez.
Encore bienvenue. A bientôt.
Opium

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par Guillaume83, le 31 décembre 2013 à 11:48

Bravo Opium pour votre opus attachant sur le fameux Ysatis. Vieux ou pas, riche (trop) ou pas, moi je l’aime cet ysatis. Les années 80 oui je les regrette pour mes beaux souvenirs mais à le sentir aujourd’hui je lui retrouve toujours cette classe aussi folle et inimitable, cette touche très française de l’élégance opulente que l’on doit remarquer. Il est pour moi un peu le Giorgio Beverly Hills Français, donc plus raffiné ndlr. Inclassable mais tellement reconnaissable, cet Ysatis est une bombe brute de décoffrage qui agit dans le raffinement extrême, dommage qu’on ne le sente plus très souvent. Pour ma part il ne fait pas penser vieux ou vieille mais plutôt quarantenaire aiguisé(e) qui affirme son tempérament dans la force du "bel" âge. Un bouquet raffiné et précis qui apprécie les draps de soie, le beau, le vrai, le profond. Il est riche à s’en écoeurer tout en maîtrisant ses proportions à le rendre totalement addictif et tellement bien ficelé. Il sortirait aujourd’hui il ferait sans doute figure de modernisme devant tant de sucreries diabétisantes et il trouverait sans doute un nouveau public. On le trouverait décalé, rétro, puissant, presque provocant.... je gage qu’il sera encore dans les rayons des séphomariocibé encore dans quelques temps, alors que La Vie Est Belle aura sans doute disparue, et la vie n’en sera que plus belle d’ailleurs.

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zab63

par zab63, le 14 mars 2013 à 14:39

J’ai porté Ysatis dans les années 80, puis dans les années 90. Très riche, très chaud, très fleuri, très TOUT ! Patrice, dans le livre de M. Edwards,D.Ropion dit : "...je compris que je devais mettre le monde entier dans mon parfum. C’est pourquoi j’arrivai avec une combinaison d’accords fleuri, chypré et oriental."
Ysatis a donc un côté chypré suffisamment marqué pour qu’on ne puisse pas passer à côté !

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par Opium, le 17 mars 2013 à 17:15

Bonsoir Zab63.

 

Je comprends que l’on ait pu porter ce parfum durant des années. Tu n’es pas prof d’espagnol par hasard ? Car, si tel est le cas par le fait du hasard, alors peut-être es-tu la prof d’espagnol, souriante, des mèches blondes (qui ressemblait un peu à Sharon Stone, en presque mieux), gentille, intelligente, posée, avec le charisme naturel des gens beaux et sereins, dont le sillage irradiait Ysatis. Sillage qui a laissé une trace mnésique que j’ai recherchée durant des années jusqu’à tomber dessus par hasard en "fouillant dans les étagères du bas". Et, là, le choc : voici le parfum qui m’avait marqué durant des années dont le sillage laisse une empreinte si reconnaissable que je n’ai jamais oublié, et que je cherchais depuis longtemps : entre austérité et bonheur.

 

Merci pour les propos de "Dominique Ropion" himself rapportés par Michael Edwards. Je ne les connaissais pas. Mais, comme je le disais à Patrice, c’est dingue comme ça sent exactement comme le décrit son auteur. On sent, plus qu’un floral, un chypre ou que sais-je ?, on sent la volonté de mettre "le monde entier dans un flacon". Exploit réussi ! Et beau ! Peut-être, alors, que le monde mis en flacon n’est pas toujours si moche... ;-)

 

Bonne soirée et excellente fin de w-e !
Opium

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par zab63, le 17 mars 2013 à 17:45

Pas prof d’espagnol,non:prof d’anglais ! Pas de mèches blondes, mais des cheveux châtains et...aucune ressemblance avec Sharon Stone : demande à Jicky ...bon, ça fait plus de deux ans qu’il ne m’a pas vue, mais justement, on va dire que je lui ressemble de moins en moins, ah ah ah (rire cynique puis sourire amer). Bref, j’ai un flacon neuf d’edt dans mon placard : attention, flashback dans peu de temps !

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par Opium, le 17 mars 2013 à 20:42

Bonsoir à nouveau Zab.

 

Les profs de langues ont bon goût en termes de parfums. En fait, les profs ont bon goût en termes de parfums. Il faudrait voir quel est le pourcentage de profs parmi les perfumistas par rapport à la population générale : un truc me dit qu’il est plus élevé dans cette population spécifique. (L’intérêt pour la culture, les belles choses, la réflexion, autant de vastes domaines qui réunissent les passionné(e)s de parfums...)
[Un clin d’œil à un certain prof d’économie amateur de vintages et à une prof de français amatrice de beaux parfums...]

 

Je te rassure, moi z’ossi je ressemble, avec le temps qui passe, de moins en moins à Sharon. #cynisme

 

Je te souhaite un bon flashback futur.
Je crois que, tôt ou tard, il va me falloir Ysatis.
En fait, c’est normal que j’aime ce parfum, il y a non seulement le monde entier dedans, mais tout mon monde de préférences dans ce qui est mon univers parfumé. TOUT ! ;)

 

Excellente soirée.
Opium

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par tambourine, le 14 mars 2013 à 14:17

ah ysatis, le parfum des années 80 si emblématique... très très facetté d’après mes souvenirs lorsque je l’avais ressenti pour les besoins de l’olfathèque. (à 5 e sens).. on avait meme eu d’ailleurs du mal à le classer dans une famille puisqu’il est aussi bien floral, oriental mais aussi un peu chypré... Mais j’aime bien ces parfums hyper denses des eighties, sans doute parce que ça me rappelle l’enfance. Merci pour cette revue en tt cas !

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par Opium, le 17 mars 2013 à 17:13

Salut Tambourine.

 

Avec plaisir pour la revue, avec grand plaisir. ;)

 

Ysatis, comme beaucoup des parfums touffus des années 80 est inclassable. Il survole le spectre olfactif créatif avec largesse : j’imagine assez bien la séance d’échanges pour tenter de le classer...
"- Floral, non ?
- Mmmh, ouais, tubéreuse surtout...
- Ouais, enfin, qui "chyprise" !
- Oui, mais pas que, y a d’la rondeur..."
Le "Gifoutou" est inclassable, qu’on se le dise.

 

Tu soulèves une question qui m’interpelle : notre attachement est-il lié à nos souvenirs ou à la beauté intrinsèque du produit ? Aux deux, je pense. Des gens plus "jeunes" sont certainement insensibles, dans un premier temps, à ce type d’écriture de la surcharge. Mais, les amateurs et amatrices de parfums, avec un peu de connaissances, sont, finalement, eux aussi, même sans attaches émotionnelles liées à l’histoire passée, touchés par la beauté intrinsèque de ce type "d’œuvre". Comme on peut l’être par de la peinture classique à l’huile même si l’on est plutôt amateur d’art contemporain habituellement.
La profondeur de champ, la quadri-dimensionalisation de ce type de parfums les rend, au moins, intrigants, pour celles et ceux qui aiment les parfums. Je vais même me permettre d’aller plus loin : on ne peut pas dire que l’on aime les parfums si l’on ne s’y connaît pas un minimum en période maximaliste grandiose des années 80. Sans elle, pas de réaction dans les années 90 et pas d’avènement de la triste parfumerie aplatie actuelle et récente. Pourvu que la prochaine réaction se fasse. Mais, "sans sucre ajouté" please ! ;-)
Bref.
Content que cette revue t’ait plue.

 

Bonne poursuite de week-end et bon début de soirée.
A bientôt.
Opium

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Farnesiano

par Farnesiano, le 14 mars 2013 à 09:13

Excellent article, Opium, bravo : vous décrivez si bien cette profusion de notes dans l’évolution d’Ysatis que j’ai l’impression d’en avoir un flacon sous le nez ! On ne cesse aujourd’hui de redécouvrir ces grands classiques des années 80, ceux-là mêmes qui paradoxalement ont accompagné, dans leur opulence parfois outrancière, des mouvements aussi singuliers et différents que le mouvement punk ou la new-wave chez les jeunes et l’embourgeoisement très U.S. de leur parents (façon Reagan et Tatcher) : c’était une époque de contrastes, ces contrastes qui ont façonné le début du XXIe siècle jusqu’à créer la crise actuelle. Malgré sa verdeur initiale, Ysatis,tout comme Opium, Poison, Kouros, jouait la provocation, la morsure dans la fourure, le tranchant dans la tendresse. Parfum addictif s’il en est... Et Dominique Ropion était déjà un maître.

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par Opium, le 17 mars 2013 à 17:10

Bonsoir Farnesiano.

 

Merci bien pour votre compliment ! Suis ravi d’avoir visé si juste et que mon évocation soit parlante.

 

Votre évocation du paradoxe de l’époque de création de ce parfum m’a interpellé. C’est vrai que pendant que les parents "s’enformolaient" (s’embourgeoisaient) en rêvant aux épaulettes et tailleurs ultra-cintrés, à des comptes d’épargne bien fournis et à toujours davantage de produits de consommation ("essentiels"), les enfants se rebellaient, ainsi que toute une part de la société.

 

Cette hyper-opulence, ce trop plein de tout est hallucinant.
Là où je suis fasciné, c’est qu’en composition : 1 + 1 + 1 font rarement 3, encore plus rarement 4, mais plutôt souvent 2 ou 2,5 ! En ajoutant des éléments disparates, des jeux de forces et d’oppositions font que des notes et éléments s’annulent. Dominique Ropion est le seul, avec Edouard Fléchier, à avoir trouvé une sixième et même une septième vitesse dans une boîte à changements avec un levier qui n’en contient que cinq et où la plupart des gens ne poussent que les trois premières vitesses.
La double idée de génie a été : d’une part, de "dérider" le chypre par une association entre ambre et fruité de la coco, qui parvient à le faire sourire malgré son corset bien serré ; d’autre part, d’oser remplacer l’habituel jasmin délicat qui lie les notes dans les chypres historiques, remplacé oui, mais par une fleur apparentée mais bien plus expressive, la normalement si vulgaire tubéreuse et son "éclat de rire à la coco" (c’est elle qui apporte ce moment de rire survivant quand le lamé or du chypre commence à s’imprimer dans la chair et à se faire douloureux, comme un cocktail qui, par l’alcool, parvient à faire oublier les désagréments d’une tenue sexy mais inconfortable) !
Mais, si cette idée est géniale, encore faut-il que, techniquement, les notes jouent en même temps sans écrasement les unes des autres. Là où, vraiment, ça force l’admiration (en tous les cas la mienne), c’est qu’on entend toutes notes, tout est perceptible ! Dans l’orchestre, les violons, les flûtes et même la harpe si fragile parviennent à se faire entendre. L’équilibre de l’orchestration est parfait. Il ne s’agit pas juste d’empiler les notes, il faut que chacune survive dans toutes les autres instrumentations qui jouent avec elle et lui son concurrentes. Dominique Ropion et Edouard Fléchier parviennent à cela. Ce sont un peu les "Verdi" de la parfumerie pour moi. C’est, vraiment, génial !

 

Ysatis semble tentaculaire. Un parfum récent qui y est apparenté est, selon moi, Géranium pour Monsieur, la menthe contagieuse qui semble devenir un éléphant de sillage au fur et à mesure qu’elle sort du flacon et s’évapore de soi. Et, encore davantage, le parfum qui en serait issu, Portrait of a Lady. Pour moi, c’est le double "maléfique", la "mauvaise jumelle", de Ysatis : là où l’une est solaire et lumineuse, malgré quelques assombrissements, l’autre est sombre et ténébreuse malgré quelques éclaircies. Mais, toutes deux sont à la fois, paradoxalement : envahissantes et exaspérantes en même temps que fascinantes et radieuses !
C’est dingue comme, à 25 ans d’intervalle, deux parfums se répondent dans le style. La rose-patchouli boisée orientalisée animale "et-bien-plus-que-cela" à la tubéreuse ambrée chyprée "bien-davantage-que-cela" !

 

J’ai une sorte de rêve/fantasme (qui, donc, ne sera jamais assouvi), ce serait que le génial Dominique Ropion réécrive Ysatis 25 ans après, soit aujourd’hui, mais avec les nouveaux composants à sa disposition, comme pour l’énormissime Portrait of a Lady : une réécriture du gigantesque floriental chypré vert tubérosé... Juste pour voir ce que cela donnerait... #onpeutrêver

 

Vos expressions "la morsure dans la fourrure" et "le tranchant dans la tendresse" sont tellement vraies, poétiques, imagées et justes ! Et, applicables à quelques anciens parfums tels les chypres. Aujourd’hui, c’est le vautrage dans le sirop en guise de "sexualité" qui ne s’assume pas et que la pudibonderie ambiante a choisi de nommer "sensualité" que l’on étale comme "nouveauté qu’elle est trop bien, trop belle, trop clâsse". Qui a dit "politiquement correct" ? Décidément, tout n’est qu’un éternel recommencement. Les normes sont élargies, puis, resserrées et ainsi de suite.
Ysatis est une merveille. C’est dingue comme je le veux lui. ;-)

 

Merci pour votre compliment et votre intervention.
Bonne soirée et bonne fin de week-end.
Opium

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Fanny9

a porté Ysatis le 5 janvier 2019

Sa note :
Alafolie

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a porté Ysatis le 8 novembre 2017

Ma famille, mes parfums, ma vie....
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Alafolie

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a porté Ysatis le 5 novembre 2017

Ma famille, mes parfums, ma vie....
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Alafolie

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Farnesiano

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